Publié le 26 mai 2026 | Par Ndiaye Mamadou – Analyste politique (Namfiyo)

Au lendemain du limogeage d’Ousmane Sonko et de la démission du président de l’Assemblée nationale, le paysage politique sénégalais se reconfigure à grande vitesse. Ce 26 mai, les députés sont convoqués pour élire un nouveau président de l’institution, dans un contexte marqué par tensions et incertitudes.

Dans un Parlement largement dominé par le Pastef, le nom d’Ousmane Sonko s’impose naturellement dans les discussions. Leader du parti majoritaire, il bénéficie d’un poids politique déterminant pour prétendre à cette fonction stratégique.

Cette perspective n’est pas nouvelle : dès mars 2024, après l’élection de Bassirou Diomaye Faye, certains analystes évoquaient déjà la possibilité de voir Sonko prendre la tête du pouvoir législatif.

Une question juridique au cœur du débat

Au-delà des considérations politiques, l’éventualité de son élection soulève un débat juridique important.

Comme le rappelle le professeur Maurice Soudieck Dionne, « il convient de distinguer la légitimité de la légalité ».

Ousmane Sonko avait été élu député lors des législatives de novembre 2024 alors qu’il occupait déjà la fonction de Premier ministre, considérée comme incompatible avec un mandat parlementaire.

En choisissant de rester à la tête du gouvernement, il avait renoncé à siéger à l’Assemblée nationale, une situation qui pourrait aujourd’hui compliquer une éventuelle réintégration.

Une élection sous tension politique

La perspective de son élection suscite des réactions contrastées au sein de la classe politique.

Une partie de l’opposition dénonce une procédure juridiquement contestable et s’inquiète d’un précédent institutionnel.

Le groupe Takku Wallu évoque notamment un risque de remise en cause des règles encadrant les fonctions publiques.

Ce débat dépasse la personne d’Ousmane Sonko et interroge plus largement le respect du cadre légal et des équilibres démocratiques.

Un poste clé dans l’architecture institutionnelle

La présidence de l’Assemblée nationale constitue l’un des plus hauts postes de l’État.

Elle permet de piloter l’agenda législatif, d’orienter les débats et de jouer un rôle central dans les équilibres politiques.

Dans le contexte actuel, cette fonction pourrait devenir un levier stratégique majeur dans les rapports de force entre institutions.

Vers une possible cohabitation politique ?

Certains observateurs évoquent déjà une recomposition des rapports entre l’exécutif et le législatif.

La nomination d’un nouveau Premier ministre et le repositionnement de Sonko pourraient ouvrir la voie à une forme de cohabitation politique, même indirecte.

Cette configuration pourrait redéfinir durablement la gouvernance du pays.

Une reconfiguration rapide du pouvoir

La séquence politique actuelle se caractérise par une succession rapide d’événements :

  • Le limogeage d’Ousmane Sonko
  • La démission du président de l’Assemblée nationale
  • L’élection imminente d’un nouveau président du Parlement

Cette dynamique témoigne d’une phase de transition et d’ajustement au sommet de l’État.

Quels scénarios pour la suite ?

L’éventuelle accession de Sonko à la présidence de l’Assemblée nationale pourrait avoir des répercussions majeures sur la stabilité politique.

Elle pourrait soit renforcer les contre-pouvoirs institutionnels, soit accentuer les tensions entre les différents centres de décision.

Le vote des députés apparaît ainsi comme un moment déterminant pour l’évolution du système politique sénégalais.

▶ Réagissez : Ousmane Sonko peut-il légalement et politiquement diriger l’Assemblée nationale ?

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