Publié le 7 juin 2026 | Par Ndiaye Mamadou – Analyste politique (Namfiyo)
Le congrès du Pastef, tenu samedi en banlieue de Dakar, a consacré sans surprise la réélection d’Ousmane Sonko à la tête du parti. Une décision qui intervient dans un contexte de recomposition politique marqué par la rupture avec le président Bassirou Diomaye Faye et un retour affirmé du parti dans l’opposition.
Ousmane Sonko lors d’une prise de parole publique à Dakar – Image d’illustration.
Ousmane Sonko a été réélu à l’unanimité président du Pastef. Sur les 589 délégués présents lors du congrès, tous ont voté en sa faveur, lui accordant un nouveau mandat de six ans à la tête du parti qu’il a fondé en 2014.
Cette reconduction confirme son rôle central dans la stratégie politique du mouvement, avec en ligne de mire la prochaine élection présidentielle prévue en 2029.
Une légitimité renforcée
Depuis sa création, le Pastef s’est structuré autour de la figure d’Ousmane Sonko, considéré par ses partisans comme le principal porteur du projet politique du parti.
« Nous sommes fiers de lui depuis le commencement jusqu’à aujourd’hui », affirme un militant présent au congrès.
Plusieurs interventions ont souligné la volonté de poursuivre la dynamique engagée lors des élections précédentes, notamment celles de 2019 et 2024.
« L’objectif que nous portons reste le même : conduire Ousmane Sonko à la tête du pays en 2029 », déclare un autre soutien.
Pastef face à une nouvelle phase politique
Cette réélection intervient dans un contexte politique marqué par la rupture entre Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye.
Le Pastef semble désormais s’inscrire dans une posture d’opposition, redéfinissant son positionnement stratégique sur la scène nationale.
« Le parti poursuit sa route avec son leader sans le président actuel, car nous ne partageons plus la même vision », affirme un délégué venu de l’est du pays.
Une question interne encore en suspens
Le congrès n’a cependant pas permis de trancher certaines questions sensibles, notamment celle des membres du Pastef toujours présents dans le gouvernement.
Selon plusieurs responsables, la position adoptée repose sur une responsabilisation individuelle des concernés.
« Ceux qui restent au gouvernement ne le font pas au nom du Pastef, mais en leur nom propre », explique un député du parti.
Cette situation laisse entrevoir des tensions internes, mais aussi une volonté d’éviter une rupture brutale au sein du mouvement.
Une mobilisation populaire attendue
Dans la continuité du congrès, Ousmane Sonko doit être investi lors d’un grand meeting populaire prévu à l’Arena de Diamniadio.
Cet événement devrait rassembler des milliers de sympathisants et marquer officiellement le lancement de cette nouvelle phase politique du Pastef.
La réélection d’Ousmane Sonko à la tête du Pastef confirme sa place centrale dans le paysage politique sénégalais. Dans un contexte de recomposition et de tensions, le parti entre désormais dans une période stratégique en vue des échéances futures.