Publié le 12 juin 2026 • Par Ndiaye Mamadou – Analyste stratégique (Namfiyo)

Entre révélations documentées, constats de terrain et accusations politiques, le dossier des 37 milliards de F CFA dans l’électrification rurale s’impose comme l’un des cas les plus sensibles de gouvernance publique au Sénégal.

Scandale présumé de 37 milliards à l’ASER : Thierno Alassane Sall dénonce une électrification rurale fantôme.

Temps de lecture : 6 min

Le dossier de l’électrification rurale continue de susciter interrogations et controverses. Après les révélations contenues dans l’ouvrage du journaliste Bachir Fofana, une nouvelle dimension politique a été introduite avec les accusations du député Thierno Alassane Sall.

Au-delà des chiffres, ce dossier cristallise désormais un débat national sur la transparence, la gestion des ressources publiques et l’efficacité des politiques de développement.

⚠️ Enjeu : comprendre les défaillances d’un projet stratégique et leurs conséquences sur les populations rurales.

Des révélations documentées et troublantes

Dans son livre, Bachir Fofana évoque un décalage majeur entre les ressources engagées et les résultats obtenus sur le terrain.

Sur un projet global estimé à 92 milliards de F CFA, près de 37 milliards auraient été décaissés, pour un niveau d’exécution inférieur à 2 %.

Son enquête, fondée sur des centaines de documents et des heures d’analyses, met en lumière ce qu’il qualifie de « crise majeure de gouvernance ».

L’intervention du député Thierno Alassane Sall

Le député Thierno Alassane Sall est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il considère comme un « grave scandale financier ».

Pour étayer ses accusations, il a effectué une tournée de terrain dans la région de Kaffrine, notamment dans les villages de Yalale Diacké, Sombe Diacké et Beussal Wolof.

Accompagné d’acteurs politiques et médiatiques, il affirme avoir constaté une réalité en contradiction totale avec les annonces officielles.

Un terrain en décalage avec les annonces

Selon le parlementaire, plusieurs localités restent plongées dans l’obscurité malgré les financements mobilisés.

Il soutient que les 37 milliards de F CFA décaissés, notamment via un financement bancaire international, n’ont produit aucun impact visible dans les zones visitées.

Ce constat renforce les interrogations sur l’efficacité réelle du projet et l’utilisation des ressources mobilisées.

Une dénonciation d’une injustice sociale

Face aux populations rencontrées, Thierno Alassane Sall a dénoncé une situation qu’il qualifie d’inacceptable.

Pour lui, l’absence d’électricité dans ces villages, malgré les financements engagés, constitue une injustice majeure.

Il souligne que l’accès à l’énergie n’est pas seulement un service public, mais un droit essentiel au développement.

Un problème de gouvernance publique

Au cœur des critiques : la gestion des finances publiques et la responsabilité des institutions impliquées.

Les décisions de renégociation des marchés, les tensions entre structures administratives et les zones d’ombre judiciaires soulevées par l’enquête alimentent les inquiétudes.

Ces éléments révèlent les limites des mécanismes de contrôle et de régulation.

Un impact direct sur le développement rural

Les conséquences de ces dysfonctionnements sont concrètes : villages non électrifiés, infrastructures sanitaires limitées et activités économiques freinées.

L’électrification rurale reste pourtant un levier clé pour réduire les inégalités territoriales.

L’absence de résultats amplifie les frustrations et creuse le fossé entre politiques publiques et réalités locales.

Une crise de confiance grandissante

Ce dossier contribue à renforcer la défiance envers les institutions.

Les révélations et accusations successives alimentent la perception d’un manque de transparence.

La question de la reddition des comptes devient centrale dans le débat public.

Un test majeur pour la gouvernance au Sénégal.

Entre enquête journalistique, constat de terrain et controverse politique, le dossier des 37 milliards constitue un révélateur des défis structurels de la gestion publique. Sa gestion future pourrait marquer un tournant dans la crédibilité des institutions.

▶ Dossier : Les mécanismes de contrôle public sont-ils encore efficaces au Sénégal ?

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