Publié le 12 juin 2026 • Par Ndiaye Mamadou – Analyste gouvernance (Namfiyo)

Dans son ouvrage « Aveu signé, daté et envoyé », le journaliste Bachir Fofana met en lumière les graves dysfonctionnements d’un projet d’électrification rurale estimé à 92 milliards de F CFA. Son enquête soulève des interrogations majeures sur la gestion de 37 milliards de F déjà décaissés.

Projet d’électrification rurale au Sénégal – un enjeu crucial pour les populations locales.

Temps de lecture : 4 min

Devant un public composé d’anciens ministres, de juristes et d’acteurs de la société civile, Bachir Fofana a présenté les conclusions de son enquête sur ce qu’il qualifie de « crise majeure de gouvernance ».

Au cœur du scandale : un projet de 92 milliards de F CFA dont 37 milliards ont été décaissés, pour un niveau d’exécution technique extrêmement faible.

⚠️ Enjeu : comprendre comment un investissement public massif a produit des résultats aussi limités en matière d’électrification rurale.

Un écart inquiétant entre financement et résultats

L’enquête part d’une interrogation centrale : comment expliquer qu’un projet doté de 92 milliards ait permis d’électrifier seulement 25 villages sur 1 740 annoncés ?

Selon les données présentées, cela représente à peine 1,5 % des objectifs initiaux, alors que 40 % du budget avait déjà été mobilisé.

Pour l’auteur, cet écart révèle un dysfonctionnement majeur dans la gestion du projet.

Une enquête basée sur des preuves documentées

Bachir Fofana affirme avoir fondé son travail sur une méthodologie rigoureuse : plus de 600 pages de documents analysés et une cinquantaine d’heures de vidéos examinées.

Rapports techniques, décisions de justice et communications officielles ont été passés au crible afin d’éviter toute spéculation.

L’auteur présente son ouvrage comme « un livre de preuves » destiné à éclairer l’opinion publique.

Des décisions controversées

Parmi les anomalies relevées figure la décision de renégocier le marché après des accusations de surfacturation.

Selon l’analyste, une telle situation aurait dû conduire à une procédure contentieuse plutôt qu’à une renégociation.

Ce choix alimente les soupçons sur la gestion du dossier.

Un conflit institutionnel inédit

L’enquête met également en lumière des tensions entre l’Aser et l’Arcop.

Selon Bachir Fofana, l’autorité contractante aurait ignoré les injonctions du régulateur, une situation qualifiée d’inédite.

Ce blocage institutionnel aurait contribué à aggraver les dysfonctionnements.

Des zones d’ombre dans le processus judiciaire

L’auteur évoque aussi des anomalies procédurales dans le traitement judiciaire du dossier.

Certains aspects liés aux décisions rendues et aux conditions de saisine de la Cour suprême suscitent des interrogations.

Ces éléments auraient transformé un dossier technique en crise institutionnelle.

Un impact social considérable

Au-delà des chiffres, l’enquête met en avant les conséquences concrètes pour les populations.

De nombreux villages restent sans électricité, affectant les maternités, les activités économiques et l’accès à l’eau.

Pour l’auteur, cette situation pose des questions fondamentales d’équité et de justice territoriale.

Un signal d’alerte sur la gouvernance publique.

À travers son ouvrage, Bachir Fofana lance un appel à plus de transparence et de rigueur dans la gestion des deniers publics, rappelant que l’accès à l’énergie reste un levier essentiel de développement.

▶ Réagissez : Ce type d’enquête peut-il contribuer à améliorer la transparence dans la gestion des projets publics ?

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