Dans une déclaration marquée par la franchise, Ousmane Sonko est revenu sur les circonstances de son limogeage. Le leader du Pastef affirme que la décision de mettre fin à son compagnonnage avec le président Bassirou Diomaye Faye émane directement du chef de l’État.
Après plusieurs semaines de spéculations, Ousmane Sonko a décidé de lever le voile sur les raisons de son départ du gouvernement. Lors d’une conférence de presse tenue le 2 juin 2026, l’ancien Premier ministre a livré sa version des faits, mettant fin aux interrogations autour de la rupture au sommet de l’État.
Une décision initiée par le président
Selon Ousmane Sonko, la séparation avec le président Bassirou Diomaye Faye a été engagée par ce dernier. Il affirme avoir été convoqué au Palais de la République pour un entretien au cours duquel le chef de l’État lui aurait annoncé que leur collaboration ne pouvait plus se poursuivre.
« Il m’a dit qu’il estime que le compagnonnage ne peut plus continuer », a-t-il déclaré.
Le président aurait notamment évoqué certaines déclarations publiques jugées problématiques comme élément déclencheur de cette décision.
Une réaction assumée
Face à cette situation, Ousmane Sonko affirme avoir pris les devants pour ne pas subir la décision. Il dit avoir clairement indiqué au chef de l’État d’assumer pleinement son choix.
« Je lui ai dit que s’il veut me limoger, il n’a qu’à assumer et le faire », a-t-il révélé.
Cette posture traduit une volonté de ne pas apparaître comme l’initiateur de la rupture, mais plutôt comme un acteur lucide face à une situation devenue inévitable.
Une proposition alternative restée sans suite
L’ancien Premier ministre a également révélé avoir, à un moment donné, proposé une alternative au président. Il s’agissait pour lui de quitter le gouvernement afin de prendre la tête de l’Assemblée nationale, tout en continuant à soutenir l’action de l’exécutif.
Cette proposition, selon lui, visait à préserver l’équilibre politique tout en évitant une rupture brutale. Toutefois, elle n’a pas été retenue.
Refus d’endosser la responsabilité de la rupture
Ousmane Sonko insiste sur le fait qu’il ne se considère pas responsable de cette séparation. Il tient à clarifier sa position auprès de l’opinion publique.
« Cette séparation, je ne pouvais pas l’endosser », a-t-il affirmé.
Cette déclaration marque une volonté de repositionnement politique et de clarification face aux accusations ou interprétations possibles.
Un tournant politique majeur
Cette prise de parole confirme l’existence de profondes divergences entre Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye. Elle marque un tournant dans la relation entre deux figures qui ont longtemps incarné un projet politique commun.
La rupture semble désormais actée, ouvrant une nouvelle phase dans la vie politique sénégalaise.
Quels enjeux pour la suite ?
Cette clarification intervient dans un contexte de recomposition politique, avec un nouveau gouvernement et des tensions au sein de la majorité.
Les prochaines semaines seront déterminantes pour observer l’évolution des rapports de force entre le pouvoir exécutif et le Pastef.
Cette situation pourrait redessiner durablement les équilibres politiques au Sénégal.
▶ Réagissez : Ousmane Sonko a-t-il raison de refuser d’assumer la responsabilité de cette rupture politique ?