Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye organisait ce week-end son premier grand meeting depuis son arrivée au pouvoir, il y a deux ans. Ce rassemblement, prévu dans son fief de Mbour, était présenté à la fois comme un test de popularité et comme un signal politique, dans un contexte de tensions croissantes avec son Premier ministre, Ousmane Sonko.
Malgré les attentes, le président était finalement absent. Il avait pourtant donné rendez-vous aux militants de sa coalition dans sa région natale, où il avait déjà tenu son meeting de clôture de campagne en 2024.
Deux ans plus tard, le pari de la mobilisation est néanmoins réussi. Plusieurs milliers de personnes, venues de la région de Mbour mais aussi d’autres parties du pays, ont rempli le stade Caroline Faye pour réaffirmer leur soutien au chef de l’État.
En l’absence de Bassirou Diomaye Faye, les militants ont dû se contenter d’un message vidéo enregistré. Le président y remerciait ses partisans pour leur mobilisation et évoquait un déplacement de dernière minute pour justifier son absence.
Sur scène, ce sont donc les figures de son camp qui ont pris la parole, à commencer par le ministre de l’Industrie, Serigne Gueye Diop. « Je n’ai jamais vu en deux ans autant de résultats », a-t-il déclaré, saluant le bilan du président. Il a également appelé à une candidature de Bassirou Diomaye Faye pour un nouveau mandat en 2029, estimant que le président devait poursuivre son action pour le développement du pays.
Les membres de la coalition ont défendu les réalisations des deux premières années au pouvoir devant une foule venue de tout le Sénégal. Parmi eux, Mamadou Malick, venu de Matam, à l’est du pays, s’est montré satisfait du bilan : « Tout n’est pas parfait à 100 %, mais il y a des réalisations. Tout récemment, l’autoroute menant vers Thiadiaye est déjà en phase d’autorisation ».
Prendre ses distances avec le Pastef
Au-delà du bilan, ce meeting a aussi permis de marquer publiquement la distance entre Bassirou Diomaye Faye et le parti Pastef, dirigé par le Premier ministre Ousmane Sonko. Le président a récemment critiqué la trajectoire du parti et mis en garde contre ce qu’il qualifie de « personnification du pouvoir ».
De son côté, Ousmane Sonko a averti que ceux qui tenteraient de s’éloigner du Pastef « finiront par revenir réclamer leur place ». En réaction à une réforme du code électoral portée par les députés Pastef, qui ouvrirait la voie à une candidature du Premier ministre en 2029, Bassirou Diomaye Faye a déposé un contre-projet de loi.
Une rupture que certains jugent désormais inévitable. « Deux personnes ne peuvent pas diriger un pays », estime ainsi Anita Dieng Diaw. « Il faut un chef et des collaborateurs. Mais si l’un lorgne le fauteuil du président, cela pose problème ».
Avant l’échéance présidentielle de 2029, les élections locales de 2027 pourraient constituer le premier véritable test électoral et le premier duel politique entre le président et son Premier ministre.