À l’occasion de la célébration du centenaire de l’ancien président sénégalais Abdoulaye Wade, plusieurs témoignages reviennent sur sa trajectoire et son influence. Parmi eux, celui de Jean Matar Ndiaye, ancien chef de cour à la prison de Rebeuss, met en lumière l’ampleur de sa popularité, y compris en période de détention.
Jean Matar Ndiaye, aujourd’hui à la retraite, évoque les années où il était chargé d’assurer la sécurité de l’ancien opposant devenu président de la République entre 2000 et 2012. Selon lui, chaque déplacement d’Abdoulaye Wade nécessitait un dispositif de sécurité exceptionnel en raison de l’affluence de ses partisans.
Une popularité difficile à contenir
« On ne pouvait pas mesurer sa popularité », témoigne l’ancien agent pénitentiaire. À chaque extraction de prison, que ce soit pour une audition ou un procès, les autorités devaient mobiliser un dispositif sécuritaire important afin de canaliser les foules.
Il se souvient notamment de nuits sans sommeil passées à préparer les itinéraires pour transporter Abdoulaye Wade entre la prison et les juridictions, dans un contexte souvent tendu.
« Il fallait un jalonnement policier important et des stratégies pour éviter les débordements. Les foules étaient impressionnantes », confie-t-il.
Des scènes marquantes lors des transferts
L’ancien chef de cour raconte un épisode particulièrement marquant lors d’un transfert depuis le parquet situé au Cap Manuel. Une escorte composée de plusieurs véhicules de police escortait Abdoulaye Wade.
Mais à hauteur de l’hôpital Le Dantec, la progression devient impossible face à la foule massée sur la route. « Il y avait des gens allongés à même le sol, comme un tapis humain », raconte-t-il.
Face à cette situation, les forces de sécurité ont été contraintes de modifier leur itinéraire en urgence pour éviter des incidents.
Un homme résilient en détention
Au-delà de sa popularité, Jean Matar Ndiaye souligne également le comportement exemplaire d’Abdoulaye Wade en prison.
Selon lui, l’ancien leader du Parti démocratique sénégalais (PDS) passait l’essentiel de son temps à lire et à écrire, refusant de céder à l’inactivité.
« Je ne l’ai presque jamais vu inactif. Il lisait ou écrivait pendant que les autres dormaient », témoigne-t-il.
Un modèle de courage et de dignité
L’ancien agent pénitentiaire décrit Abdoulaye Wade comme un homme digne et discipliné, respectueux des règles même dans un contexte difficile.
Il affirme avoir tiré des leçons de son attitude, mettant en avant son courage et sa résilience face aux épreuves.
Selon lui, ces qualités pourraient servir d’exemple aux jeunes générations et mériteraient d’être enseignées dans les écoles.
Un contexte politique marqué par les tensions
Ces événements se déroulent notamment après les élections de 1988, dans un climat politique tendu marqué par des contestations et des arrestations de responsables de l’opposition.
Abdoulaye Wade et plusieurs membres du PDS avaient été arrêtés dans ce contexte, renforçant encore l’image d’un leader engagé et populaire auprès d’une partie importante de la population.
Un héritage toujours présent
À l’occasion du centenaire de l’ancien président, ce témoignage met en lumière un pan important de son histoire politique.
Il rappelle à quel point Abdoulaye Wade a marqué la scène politique sénégalaise, non seulement par son parcours, mais aussi par le lien particulier qu’il entretenait avec ses partisans.
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