À quelques jours de la Tabaski, le marché de Sandaga vibre au rythme des préparatifs. Entre affluence des clients et inquiétudes des commerçants, l’achat du mouton reste une préoccupation majeure pour de nombreux ménages sénégalais, notamment les familles polygames.

Dans les allées animées du marché Sandaga, l’ambiance est à la fois festive et tendue. Les vendeurs exposent babouches, tissus en bazin et vêtements pour attirer les clients. La Tabaski approche, et chacun espère faire de bonnes affaires pour pouvoir célébrer dignement la fête.

Des commerçants sous pression

Assis devant son étal, Abdoulaye Sy, vendeur de sous-vêtements féminins, tente d’attirer les clientes. Malgré ses efforts, les ventes sont en baisse.

« Mes clientes se font rares et ce n’est pas bon pour les affaires d’autant plus que la Tabaski est pour bientôt », confie-t-il avec inquiétude.

À 63 ans, Abdoulaye continue de travailler malgré la fatigue, espérant réunir suffisamment d’argent pour faire face aux dépenses liées à la fête.

Le défi du mouton pour les familles

La question du mouton reste centrale. Pour beaucoup, il s’agit d’un véritable casse-tête financier, notamment dans les familles nombreuses ou polygames.

Abdoulaye Sy, père de famille, a fait son choix : « Je ne peux pas dépenser plus de 80 000 FCFA pour un mouton. J’en achèterai un pour mes deux femmes ».

Un compromis économique qui reflète les réalités de nombreux ménages confrontés à la hausse du coût de la vie.

Entre résignation et espoir

Non loin de là, Mamadou Diouf, vendeur de vêtements, partage les mêmes inquiétudes. « Ces derniers temps, les affaires ne marchent plus mais je ne désespère pas », affirme-t-il.

Pour lui, l’essentiel est d’avoir anticipé : « J’ai mis de l’argent de côté et je compte acheter un seul mouton pour mes deux femmes ».

Malgré les difficultés, certains commerçants gardent espoir de booster leurs ventes dans les derniers jours précédant la fête.

Deux femmes, deux moutons : une autre réalité

Pour d’autres, la tradition reste plus exigeante. Daouda Dione, à la fois vendeur et éleveur, a déjà prévu de satisfaire ses deux épouses avec deux moutons distincts.

« J’ai cette chance d’être éleveur, cela me permet de m’organiser autrement », explique-t-il.

Mor Diop, quant à lui, prévoit également deux moutons, un pour chacune de ses épouses vivant à Dakar et Saint-Louis.

Une fête entre contraintes et valeurs religieuses

Face à la pression sociale et économique, de nombreux Sénégalais cherchent à concilier leurs moyens avec les exigences de la fête.

Pour certains, comme Mame Thierno, l’organisation commence bien avant : « J’épargne chaque année en fonction des besoins. J’achète trois moutons : deux pour mes épouses et un pour mes parents ».

Au-delà des considérations matérielles, la Tabaski reste avant tout une fête religieuse, marquée par les valeurs de sacrifice, de partage et de solidarité.

Entre tradition et réalités économiques

À mesure que la fête approche, la pression monte dans les marchés et les foyers. L’achat du mouton devient une priorité, parfois vécue comme une obligation sociale.

Dans ce contexte, chacun tente de trouver un équilibre entre ses moyens financiers et son attachement aux traditions.

Pour beaucoup, le plus important reste de célébrer la Tabaski dans le respect des valeurs de l’islam, malgré les contraintes économiques.

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