Deux engins de déminage mécanique de dernière génération, offerts par le Japon, sont actuellement stationnés à l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA) de Ziguinchor. Pesant près de trente tonnes chacun, ces équipements n’ont pas encore pu être déployés dans les zones contaminées.

La principale contrainte identifiée est l’absence d’un char-porteur adapté, indispensable pour le transport de ces machines lourdes vers les zones à déminer. Cette situation retarde leur mise en service sur le terrain.

Le directeur du Centre national d’action antimines au Sénégal (CNAMS), Salomon Diédhiou, se veut toutefois rassurant. Il indique que les dernières accréditations des organisations de déminage devraient être finalisées dans les prochains jours et qu’une cérémonie officielle de lancement sera prochainement organisée.

Malgré ces avancées annoncées, plusieurs défis demeurent. L’accès à certaines localités reste difficile en raison de l’état des pistes, la densité de la végétation complique les opérations, et les moyens logistiques, notamment en carburant, demeurent insuffisants pour couvrir l’ensemble des zones concernées.

870 victimes dues aux engins explosifs en Casamance

La Casamance est marquée par un conflit armé depuis 1982. Plus de quarante années d’affrontements entre le Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC) et l’État sénégalais ont laissé de vastes zones rurales et forestières contaminées par des mines antipersonnelles.

Selon les données officielles, les engins explosifs ont causé la mort d’au moins 870 personnes. Près de 200 victimes vivent aujourd’hui avec des séquelles physiques permanentes, conséquence directe des explosions.

Bien qu’un accord de paix ait été signé en février 2025, le danger reste bien réel sur le terrain. D’après le Centre national d’action antimines, environ un million de mètres carrés de terrains connus restent encore à déminer.

L’objectif affiché par les autorités sénégalaises est clair : parvenir à une Casamance totalement libérée des mines antipersonnelles à l’horizon 2030‑2031, afin de permettre un retour durable à la sécurité et au développement dans la région.